Danazol
| Niveau de preuve: L3 | Indications prédites: 10 |
Table des matières
Danazol : De l'endométriose à l'aménorrhée (suppression thérapeutique des règles)
Résumé en Une Phrase
Le danazol est un stéroïde de synthèse à activité androgénique et antigonadotrope, initialement utilisé pour traiter l'endométriose et la maladie fibrokystique du sein. Le modèle TxGNN prédit qu'il pourrait être utile pour l'aménorrhée (au sens d'une suppression thérapeutique et volontaire des règles), avec 0 essai clinique et 20 publications recensées dans les données compilées pour ce report, essentiellement des revues et des séries cliniques anciennes.
Aperçu Rapide
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Indication Originale | Endométriose ; endométriose de l'utérus ; maladie fibrokystique du sein (source : graphe de connaissances, le texte d'indication de l'AMM n'étant pas renseigné) |
| Nouvelle Indication Prédite | Aménorrhée |
| Score de Prédiction TxGNN | 99,9995 % |
| Niveau de Preuve | L3 |
| Statut de Marché en France | Uniquement des AMM annulées |
| Nombre d'AMM | 1 (annulée) |
| Décision Recommandée | Hold |
Pourquoi Cette Prédiction est-elle Raisonnable ?
Actuellement, les données détaillées sur le mécanisme d'action ne sont pas disponibles dans les données compilées. D'après les revues citées, le danazol est un androgène de synthèse dérivé de l'éthinyltestostérone. Il inhibe les gonadotrophines hypophysaires (LH/FSH) et réduit la stéroïdogenèse ovarienne et surrénalienne, ce qui conduit à une atrophie de l'endomètre et à une aménorrhée.
Cet effet est précisément la base de son utilisation dans l'endométriose, où les lésions régressent lorsque l'ovaire est mis au repos. Induire volontairement une aménorrhée relève donc de la même logique pharmacologique.
Il faut toutefois préciser qu'il s'agit ici d'une suppression thérapeutique des règles (par exemple chez les personnes transgenres ou non binaires, ou dans des contextes particuliers), et non du traitement d'une aménorrhée pathologique. Les effets androgéniques (modifications de la voix, pilosité) limitent cet usage.
Preuves d'Essais Cliniques
Aucun essai clinique associé enregistré actuellement.
Preuves de la Littérature
Sélection des publications les plus pertinentes pour l'aménorrhée (20 références au total ont été identifiées) :
| PMID | Année | Type | Revue | Résultats Principaux |
|---|---|---|---|---|
| 39051650 | 2024 | Cohorte rétrospective multicentrique | Women's Health | Utilisation du danazol pour la suppression menstruelle chez des personnes transgenres ; induction d'aménorrhée avec effets androgéniques réversibles |
| 2523321 | 1989 | Étude comparative randomisée | Fertility and Sterility | Gestrinone vs danazol (600 mg/jour) chez 39 patientes infertiles avec endométriose ; suivi de l'aménorrhée et de la régression des lésions |
| 2404115 | 1990 | Revue | J Reprod Med | Stéroïde de synthèse aux effets multiples : inhibition des gonadotrophines, suppression de la stéroïdogenèse |
| 6819580 | 1982 | Revue clinique | Prog Clin Biol Res | Danazol dans l'endométriose et l'infertilité ; suppression de la fonction ovarienne |
| 16280355 | 2006 | Revue | Hum Reprod Update | Prise en charge de l'endométriose ; les lésions régressent en état d'aménorrhée ou de ménopause |
| 21701432 | 2011 | Revue | Menopause | Traitements pharmacologiques des saignements utérins anormaux |
| 1533675 | 1992 | Revue | J R Army Med Corps | Induction de l'aménorrhée chez le personnel féminin mobilisé ; comparaison de méthodes (pilule continue, analogues de la GnRH) |
| 36434439 | 2023 | Revue systématique et méta-analyse | Arch Gynecol Obstet | Gestrinone dans l'endométriose (preuve indirecte, autre molécule) |
Informations de Marché en France
| Numéro d'AMM | Nom du Produit | Forme Pharmaceutique | Indication Approuvée |
|---|---|---|---|
| 64906556 | DANATROL 200 mg, gélule (Laboratoires Fidia) | Gélule | Non renseignée (AMM annulée) |
Considérations de Sécurité
Contre-indications issues du graphe de connaissances (relations médicament-maladie, et non texte de la notice) : épilepsie, porphyries (dont porphyrie héréditaire et troubles du métabolisme des porphyrines), maladie rénale, maladie hépatique, maladie de la vésicule biliaire, carcinome du sein chez la femme, migraine, hyperlipidémie familiale combinée.
Interactions médicamenteuses (100 interactions recensées ; principales) :
- Majeure : cisapride.
- Modérées : antidiabétiques (acarbose, répaglinide non cité ; glimépiride, glipizide, glibenclamide, chlorpropamide, acétohexamide, insuline humaine et asparte, inhibiteurs du SGLT2 tels que canagliflozine, dapagliflozine, empagliflozine, ertugliflozine, agonistes du GLP-1 tels qu'albiglutide, dulaglutide, exénatide, alogliptine), budésonide (y compris nasal) et éliglustat.
La littérature signale en outre une interaction cliniquement significative avec la carbamazépine (concentrations sériques presque doublées) et un cas de rhabdomyolyse avec pancréatite lors de l'association à la lovastatine.
Les mises en garde de la notice ne sont pas disponibles dans les données compilées : veuillez consulter la notice pour les informations de sécurité complètes.
Conclusion et Prochaines Étapes
Décision : Hold
Justification :
- Le niveau de preuve est L3 : uniquement des revues, des séries observationnelles et une cohorte rétrospective, sans essai clinique enregistré. Il s'agit en outre d'une suppression volontaire des règles et non du traitement d'une maladie.
- La seule AMM française est annulée, et les données de sécurité de la notice manquent, ce qui bloque le passage à l'étape de criblage de sécurité. Le profil androgénique et la liste des contre-indications sont lourds.
Pour avancer, les éléments suivants sont nécessaires :
- Récupérer et analyser la notice de l'ANSM (mises en garde et contre-indications).
- Obtenir les données détaillées sur le mécanisme d'action (DrugBank).
- Définir précisément la population visée (suppression menstruelle) et le bénéfice par rapport aux alternatives (progestatifs, analogues de la GnRH).
- Concevoir une étude prospective, idéalement comparative, avec un plan de surveillance de la sécurité (effets androgéniques, bilan hépatique et lipidique, interactions médicamenteuses).
Remarque sur les autres pistes prédites : la maladie fibrokystique du sein et l'adénose mammaire (L3, pistes proches de l'indication d'origine, avec plusieurs études randomisées anciennes) relèvent davantage d'une indication existante que d'un véritable repositionnement. Les autres pistes (adénose à canaux dilatés, adénose apocrine, nécrose graisseuse du sein, abcès du sein, maladie de la lactation, vulvovaginite, vulvite) reposent sur des preuves nulles, indirectes ou précliniques et restent en Hold.
Avertissement
Ce contenu est uniquement destiné à la recherche et ne constitue pas un avis médical. Une validation clinique est requise avant toute application clinique.